on display (Français)

l’exposition Overlap est un projet de la Jonge Academie, en collaboration avec le GUM (Gand), Aria (Université d’Anvers), l’Académie Royale des Beaux-Arts et Sint-Lucas (Anvers) BAC ART LAB (KU Leuven), PILAR (VUB) et Hogeschool PXL Hasselt (Université de Hasselt). 


Instrument de divination du Mayombe (Congo)
KU Leuven
Collection Afrique 

Stalactite (2018)
Ugo Dehaes
Sculpture en mouvement 

Les outils de divination étaient utilisés dans le Mayombe par un nganga ou expert rituel et existent sous de nombreuses formes. Il peut s’agir de sculptures élaborées de forme anthropomorphique ou zoomorphique, mais tout aussi bien d’objets informes fermés et remplis, comme des colis ou des ustensiles existants tels que des paniers, des boîtes et des bouteilles. Des cornes ou des coquillages étaient remplis de substances indéfinissables et scellés avec de la résine. On connaît également des sacs remplis et fermés hermétiquement, comme celui-ci, patiné de terre rouge, avec un collier de perles et une cloche. Ces objets verrouillés renvoient à l’idée d’un contenu stocké, de forces qui y sont piégées, et qui sont maîtrisées par le nganga.*

Ugo Dehaes est un chorégraphe qui ne veut pas seulement faire danser les gens, mais aussi les objets. Son travail part toujours de sa fascination pour le mouvement et d’une interprétation scientifique du monde. Ugo travaille comme danseur, acteur, coach et dramaturge. Ces dernières années, il a principalement chorégraphié des objets tels que des drones, des robots qu’il a construits lui-même et des bactéries. En 2018, il a développé une stalactite géante. Les stalactites ne bougent pas, mais sont formées en mouvement. L’eau s’infiltre le long des parois rocheuses, emportant de petits morceaux de matière ; ceux-ci se solidifient à nouveau pour former un glaçon. Dehaes rend hommage à cette longue histoire du mouvement. Il n’a pas simplement fait une stalactite, mais une stalactite qui peut danser.

* Cet objet fait partie d’une collection académique au sujet de laquelle la conversation sur la décolonisation de ce patrimoine est actuellement en cours.

www.badblood.com


Boîtes de Pétri ; recherche microbiologique
Université d’Anvers
Laboratoire de microbiologie appliquée et de biotechnologie 

11.5 (#3 2021)
Katelijne De Corte
Matériaux : Boîte en bois, boîtes de Pétri et d’autres matériaux de laboratoire, blue-jean 

L’artiste Katelijne De Corte a approché la microbiologiste Sarah Lebeer (UAntwerp) en 2017 pour lui poser une question à la fois simple et compliquée : un souvenir peut-il être rendu tangible ? Et, si oui, comment ? La question s’est présentée lorsque l’artiste a été confrontée à la perte de son partenaire. Au cours des conversations qui ont suivi, la question s’est posée différemment: que peuvent faire ensemble une microbiologiste et une artiste pour rendre tangible le souvenir d’un bien-aimé ?

Sans s’en rendre compte, la question de Katelijne touchait aux découvertes les plus récentes en matière de microbiologie. De grands développements technologiques ont permis aux microbiologistes de rassembler des données à l’échelle mondiale. Il en ressort que tous les êtres humains entretiennent un échange continu d’organismes bactériens et de micro-organismes entre eux et avec leur environnement. Plus la proximité est grande, plus l’échange de matériel est important. L’ADN impliqué dans ces échanges peut même parfois rester présent pendant un certain temps. À ce titre, ces échanges pourraient constituer un point de départ pour d’éventuelles tentatives d’acquérir une forme de « mémoire tangible ».

www.katelijnedecorte.be


Calculatrice mécanique (modèle Precisa 117) (vers 1960-1970)
GUM (UGent), Collection « Histoire des Sciences » 

La chance du tirage au sort (2021)
Lodewijk Heylen 
Performance avec Rummikub

Une calculatrice permet au moins d’effectuer les quatre opérations fondamentales (l’addition, la soustraction, la multiplication et la division) ; ceci contrairement à une machine à compter qui ne permet de calculer que des additions et éventuellement des soustractions. Cette calculatrice mécanique (donc sans entraînement électrique et sans composants électroniques) de la marque suisse Precisa est en fait un clone de la calculatrice suédoise FACIT de la fin des années 1940. Le mécanisme de fonctionnement de ces appareils est basé sur l’utilisation de disques à cames (la technique dite “Sprossenrad”). Ces appareils étaient souvent appelés populairement “des moulins à café”.

Dans sa performance Luck of the Draw (2021), l’artiste Lodewijk Heylen oppose deux joueurs dans une partie de Rummikub. Le jeu ne peut se terminer que s’il est complété en une seule fois. Lorsque les bons numéros ne sont pas tirés, les joueurs doivent recommencer depuis le début en sélectionnant de nouveaux blocs. Ce scénario se répète jusqu’à ce qu’il y ait un gagnant. À côté de la table de jeu, une calculatrice mécanique est exposée. La logique du mécanisme de la calculatrice fait manifestement contraste avec la tentative infructueuse des joueurs de battre le sort du calcul des probabilités.

Lodewijk Heylen a terminé sa thèse de doctorat en Arts à l’université de Hasselt en mai 2021. En tant qu’artiste contextuel, il est actif dans l’espace urbain avec des installations in situ, des projets organisationnels et des projets de recherche à long terme, ainsi que des interventions artistiques. Avec son travail, il tente de représenter et de capter la complexité de l’existence humaine.

www.lodewijkheylen.be


Piège à crabes à moufles
Prototype à l’échelle 1/20
Collection privée 

Caught Fish City Fish (2018) 
Karel Verhoeven
Argile naturelle blanche, altuglas, affiche en sérigraphie (édition), performance en direct (mesures variables).

Le crabe chinois est un crabe d’eau douce qui est exporté comme une espèce exotique. Ces crabes se retrouvent dans les rivières européennes via les eaux de ballast des navires internationaux. Ils vivent principalement au fond de l’eau. Ne connaissant pas d’ennemis naturels dans notre région, ils ont pu développer un impact considérable sur la faune et la flore locales. C’est pourquoi la Société flamande pour l’Environnement (VMM) et l’Université d’Anvers ont conçu ces pièges destinés à n’attraper que cette espèce de crabe, sans perturber le reste de la flore. Ces deux dernières années, plus d’un million de crabes ont ainsi été attrapés à Grobbendonk.

Ce piège est un prototype à l’échelle. Il s’agit donc d’un objet non fonctionnel. Il est lié ici au projet de poissons de l’artiste visuel Karel Verhoeven, qui est dans tous les cas spécifique au site. Verhoeven est fasciné par les pêcheurs – un métier sous pression. Il a exploré les eaux urbaines et les poissons qui y vivent. Pour OVERLAP, Verhoeven est allé à la recherche les poissons indigènes dans les rivières des villes centrales flamandes. Il a moulu les résultats de sa recherche dans de l’argile blanche de rivière qu’il ne fait délibérément pas cuire. Une fois le projet terminé, il veut mettre le poisson séché dans l’eau. Il en résulte que l’argile va se mélanger à l’eau et les sculptures vont se dissoudre et se transformer en boue. Les résultats de cette recherche sont imprimés et publiés sous forme d’affiche (avec un texte d’Emi Kodama).

www.karelverhoeven.be


Buste en plâtre
KU Leuven
Musée didactique d’archéologie 

LAP (2018) 
Christina Stuhlberger 
16mm / 4K vidéo, 15 min

Les statues de marbre classiques n’étaient pas toujours complètement blanches. À l’époque, un grand nombre de copies ont été peintes dans l’espoir de rendre les images éclatantes. Au fil des siècles, les pigments se sont estompés. Les artistes de la Renaissance, qui ignoraient souvent que les images avaient autrefois une couche supérieure colorée, ont interprété les sculptures virginales comme des symboles ultimes de pureté. De cette imagination et de cette canonisation de la sculpture antique est née l’envie de blanchir également d’autres images. Les répliques dans des matériaux plus doux, pour la décoration ou comme objet d’étude, étaient souvent reproduites dans du plâtre qui est naturellement blanc. Le blanc était la toile ultime où le spectateur pouvait rêver. Cette tête en plâtre est un moulage d’un exemplaire en marbre qui se trouve au Staatliche Museen de Berlin. Cependant, cette image est à son tour une copie d’un original en bronze dans le style de Myron datant d’environ 450 avant J.-C.. Beaucoup de marbres classiques remontent à des originaux en bronze qui ont été perdus. Les collections didactiques en plâtre ont surtout été populaires dans la première moitié du siècle dernier pour rendre l’antiquité plus accessible au grand public. La KU Leuven a obtenu une grande partie de sa collection de plâtres dans le cadre des réparations du gouvernement allemand après la Première Guerre mondiale.

La production artistique de l’archipel de Vanuatu, en Océanie, est célèbre et peut être découverte dans les plus grands musées du monde. Par ailleurs, les cinéastes ont également découvert le Vanuatu et son peuple au fil du temps et ont fait de sa culture le sujet de leur travail et de leur imagination. Dans LAP, la réalisatrice Christina Stuhlberger documente le voyage fictif d’un objet d’art tribal du Vanuatu qui s’est échappé comme par magie d’une vitrine du Louvre à Paris. Il s’agit d’une sculpture qui a été emportée par un anthropologue français et dont les demandes de réparation ont été rejetées à plusieurs reprises par le gouvernement français. Avec son approche à petite échelle, Stuhlberger remet en question les régimes visuels coloniaux dominants.

www.elephy.org


Chiwara 
EVUG, GUM 
Collection ethnographique

Pièces du grand lustre (2020) 
Dirk Zoete 
Seaux en métal, garnitures en métal, bougies

Masque Chiwara (Ci Wara, ou Tyi Wara) des Bamana du Mali avec une antilope sur un oryctérope. Les Bamana connaissent le mythique Ci Wara, un être divin mi-mortel, mi-animal. Cet être a introduit l’agriculture chez les Bamana. Sous la direction de Ci Wara, les gens ont d’abord appris à travailler la terre. Ainsi, les Bamana sont devenus des agriculteurs prospères et compétents. Aujourd’hui encore, la majorité des Bamana sont des agriculteurs autosuffisants. Les ornements du masque sont faits en l’honneur de la créature mythique d’origine. Ils combinent les caractéristiques d’animaux importants dans la culture Bamana, comme l’antilope, l’oryctérope et le pangolin cuirassé.

L’artiste visuel Dirk Zoete est fasciné par la question de l’identité et les rapports entre l’homme et la nature. Dans le passé, il a souvent travaillé avec de la paille, du foin et des excréments d’animaux. Il y a quelques années, il a réalisé un grand lustre à partir de seaux métalliques broyés. Les gravures sont des visages, des âmes de la terre. Ainsi, les seaux ont perdu leur fonctionnalité et sont devenus des fantômes. Ils ont des couronnes, faites de bougies. Zoete flirte avec la mythologie et les rituels de fertilité. Il joue le jeu des éléments : l’eau, la terre, le feu et l’air.

* Cet objet fait partie d’une collection académique à propos de laquelle la conversation sur la décolonisation de ce patrimoine est actuellement en cours.

www.dirkzoete.be


Développement de l’œuf de poule (avant 1793)
André Pierre Pinson
GUM (UGent)
Collection zoologie 

Terreur de l’oeuf (2019)
Kasper De Vos
Plâtre, jute, bois, sangles de tension et matelas pneumatique . 

Une série de modèles en cire démontre le développement de l’embryon aviaire dans l’œuf. L’embryon d’oiseau n’est pas seulement un exemple concret du développement de toute une classe d’animaux, les chordés, mais est également l’esquisse d’une partie importante du développement de la vie sur Terre. En effet, les oiseaux auraient été les derniers représentants vivants des dinosaures. L’étude de l’embryologie peut nous apprendre beaucoup sur l’évolution des espèces. De cette façon, nous aussi, en tant qu’êtres humains, sommes reliés au cycle infini de l’évolution.

Qu’est-ce qui est apparu en premier : l’œuf ou la poule ? Cette discussion apparemment futile est à la base de problèmes philosophiques très anciens. La discussion touche à notre profond désir de donner un sens au monde, mais aussi à la question de nos origines. Qui sommes-nous et d’où venons-nous ? L’artiste Kasper De Vos a réalisé un œuf géant. L’œuf est une sorte d’archétype qui soulève des questions sur le début et la fin, l’extérieur et l’intérieur, la production et la consommation, le contenu et la protection, la fragilité, la tension et le mouvement. Suite à la crise du COVID-19, l’œuf n’a fait que gagner en plus pertinence ; maintenant que le monde entier a compris que les œufs (et plus spécifiquement les protéines) sont au cœur de la recherche en virologie et constituent la base des vaccins.

www.kasperdevos.com


Éclats du grand béguinage
KU Leuven 
Sh(e)(a)rds – Guns are Gay (2014-2021)

Nicolas Baeyens
Acier, bois, papier, verre 

Lors des travaux de restauration de l’Infirmerie du Grand Béguinage de Louvain, de grandes quantités de poteries médiévales ont été découvertes. Il s’agit de vaisselle de table et d’ustensiles de cuisine : des pichets, des plats, des assiettes et des bols (émaillés et non émaillés) qui étaient utilisés quotidiennement dans l’enceinte du béguinage. La céramique est presque indestructible, et donc très intéressante d’un point de vue archéologique pour les types, les techniques et le développement chronologique des ustensiles. Pour cela, on conserve surtout les pièces les plus significatives, comme les oreilles, les rebords, les becs et les fonds. Le moule, la pâte d’argile, l’état de surface et la décoration d’un tesson, fournissent une foule d’informations utiles aux archéologues. 

Les tessons archéologiques de la collection de la KU Leuven entrent en dialogue avec l’œuvre du sculpteur Nicolas Baeyens (ARIA, Académie royale d’Anvers). Depuis 2020, Baeyens prépare un doctorat en Arts intitulé “Le support est la mémoire, le porteur le souvenir”. Avec cette recherche, il approfondit la question de la mémoire qui fonctionne comme un médium. Il s’interroge également sur l’œuvre d’art physique qui se réduit au statut de support technique d’un concept. Ainsi, il remet en question le caractère matériel d’une œuvre d’art en la considérant comme le support changeant d’un message immatériel qui est façonné et remodelé par la mémoire du spectateur. Les pièces exposées sont des parties découpées d’une grande œuvre d’art transformée en acier. Comme les tessons de poterie, elles faisaient à l’origine partie d’un ensemble plus grand. Les tessons de poterie évoquent également le souvenir de l’objet que nous ne connaissons plus, mais que nous (re)créons sur le plan cognitif.

www.nicolasbaeyens.com


Coupe transversale d’un escargot de mer fossile
KU Leuven
Collection de paléontologie 

La lisibilité revisitée (2008-2021)
Ann Bessemans
Imprimer sur différents types de papier 

Le Campanile giganteum est une espèce d’escargot de mer éteinte qui vivait dans nos régions pendant l’Éocène. La coquille de cette espèce pouvait être gigantesque : jusqu’à près d’un mètre de long. Le Campanile giganteum exposé ici est la coupe transversale d’un spécimen d’environ 30 cm. Cette longueur correspond à une période de croissance de seulement trois à quatre ans dans la vie d’un escargot. Pendant sa croissance, le calcaire de la cochlée enregistre des informations sur l’environnement de la mer subtropicale dans laquelle se trouvait l’animal il y a environ 45 millions d’années. L’analyse chimique de la chaux, de la pointe de la coquille à la base, montre ainsi les fluctuations annuelles de la température de l’eau de mer. Pour réaliser ces analyses, la coquille a d’abord été noyée dans une résine époxy. Le matériau brun est le sédiment du fond marin avec lequel la coquille a été partiellement remplie.

Le professeur Dr. Ann Bessemans est créatrice typographique, concepteur et chercheuse. Elle est spécialiste en « lisibilité » et fondatrice du projet READSEARCH (PXL-MAD / UHasselt). Cette initiative envisage la conception de caractères à partir de la pratique, en la confrontant à une perspective scientifique interdisciplinaire. Pour OVERLAP, Ann Bessemans travaillera sur le rythme de lecture et la visualisation du mot parlé. Elle étudiera l’utilité des motifs de rayures comme base de la lisibilité et du confort de lecture. Elle considère que le langage, tout comme les images, est une forme de communication. Bessemans donne forme à une œuvre d’art totale dans laquelle le rythme et la visualisation du langage occupent une place centrale. Le spectateur est invité à influencer lui-même l’œuvre et à en emporter une partie chez lui.

www.annbessemans.be


Tellurium
GUM (UGent)
Collection Histoire des sciences 

Disque du Soleil d’Or (2017)
Louis De Cordier / COSCO
Plaque de laiton CNC plaquée or (95% cuivre & 5% zinc), or (100% or) 

Le tellurium est un instrument permettant de démontrer comment la rotation de la Terre, à la fois sur son propre axe et autour du soleil, provoque le jour et la nuit et les différentes saisons. Dans cet exemplaire, le soleil est remplacé par une bougie allumée derrière laquelle est placé un miroir concave. Sur la plaque, appliquée sous le globe, le zodiaque est représenté et les différents mois et saisons sont indiqués. D’après la représentation géographique sur le globe, cet instrument date de la période entre 1894 et 1905.

Le disque du Soleil d’Or est un disque horaire conçu par l’artiste conceptuel Louis De Cordier. La plaque montre la géométrie sacrée, les sciences de la terre et l’astronomie. Le disque d’or du soleil, artefact archéologique du futur, est une expression de la création artistique et technologique et un symbole d’introspection à l’échelle humaine. Louis De Cordier crée des œuvres d’art métaphysiques qui ont à la fois un impact scientifique et social poursuivi. Inspiré par la relation entre l’art et la science, De Cordier se considère comme un homo universalis contemporain. Dans le prolongement de son œuvre visuelle, il est également poète, photographe, documentariste, chercheur, activiste et bibliothécaire. Son œuvre repose sur une analyse de la conscience cosmique occidentale. Avec l’artiste et biologiste Angelo Vermeulen, il réalise depuis plusieurs années des créations inspirées de l’espace et de la biologie.

www.ludion.be/nl/artists/de-cordier


Xylarium (fossile d’arbre pétrifié)
KU Leuven
Collection Physique 

Technofossile 1
Kevin Trappeniers
tube fluorescent, plâtre de béton 

Les souches d’arbres présentées ici font partie du Xylarium. Il y a trois souches au total, dont deux souches larges et une mince. Elles ont été placées toutes les trois les unes dans les autres : la souche étroite est au sommet et prend toute la longueur des deux souches plus petites. Les trois souches ont des origines différentes et ont été rassemblées dans le cadre de cette installation. La collection du Xylarium se compose d’environ 500 blocs de bois et comprend principalement des espèces européennes et africaines. La plupart des espèces présentes sont connues comme des essences de bois commerciales ayant des applications spécifiques. Certains blocs de bois du Xylarium sont encore utilisés dans les cours universitaires comme espèces à déterminer.

L’artiste Kevin Trappeniers (°1985) se consacre à développer un langage artistique tranquille, visuel, physique et souvent muet dans des installations détaillées et sensorielles qui se situent à l’intersection des arts scéniques et des arts plastiques. Le paysage, le silence, la lumière et les corps au sens large du terme évoquent des thèmes tels que l’isolement, la communication et les rapports interhumains ou entre l’homme et la nature. Influencée par la géologie et l’archéologie, une trace humaine apparaît chez lui comme un témoin silencieux du passé qui prendra forme dans l’avenir. Un plastiglomérat agit comme une relique des temps modernes. Il s’agit d’un artefact dont l’échelle est rendue floue. L’objet évoque un paysage muet encore à taille humaine – une île à petite échelle dans laquelle un fossile surdimensionné s’est solidifié, ou un fossile entier taillé dans un ensemble fusionné plus grand. Un technofossile précaire et fragile, non fonctionnel, qui interroge l’homme, l’environnement et l’impact de l’un sur l’autre.

www.kevintrappeniers.be


Microscope Zeiss Opton 
KU Leuven

GET AWAY SORROW OF THE WORLD (2017 – 2020)
Robbert&Frank Frank&Robbert
A0 plan / rapport d’exécution
Sérigraphie sur Steinbach 220gr., cadre en chêne 

Ce stéréomicroscope possède deux oculaires, un pour chacun des yeux, afin de créer auprès de l’utilisateur une sensation de profondeur. Le trépied est un support chromé, monté sur un pied rond en métal laqué noir. Le tube gris avec cordon est une source de lumière. Ainsi, un faisceau de lumière est dirigé vers l’objet à examiner. Le microscope a été utilisé dans le laboratoire Electrotherm où des recherches ont été menées sur les techniques de chauffage industriel. Le microscope a été produit par la société Zeiss. Après la Seconde Guerre mondiale, la société s’est scindée en deux : Zeiss Opton (avec une succursale à Oberkochen) et Zeiss Jena.

Frank&Robbert Robbert&Frank sont des artistes visuels, des performeurs et des vidéastes. En 2015, ils ont réalisé une petite mallette en bois qu’ils activent dans l’espace public à travers une performance. Dans la mallette se trouve un panneau dépliable avec la phrase : VA-T’EN CHAGRIN DU MONDE! Robbert&Frank répètent cette seule performance dans autant d’endroits du monde que possible et dans de nombreuses langues locales. Consciemment ou inconsciemment, les gens portent avec eux le message, ce qui le fait résonner dans l’univers. 

Avec leur version du plan de la mallette en bois, ils partagent en accès ouvert le plan de construction de leur œuvre d’art. Ils remettent non seulement en question l’autonomie de l’œuvre d’art, mais dénoncent également la structure d’évaluation et d’encadrement de l’œuvre dans le contexte d’une galerie. Cette œuvre est une ode à la science, à l’invention et au bricolage.

facebook.com/frankenrobbertrobetenfrank


Bezoar 
GUM (UGent) 
Collecte geschiedenis van de wetenschappen (collection d’œuvres d’art)

(sans titre) (2018)
Athar Jaber
Marbre de Carrara, miel, vin rouge, huile d’olive, verres bocaux avec couvercle 

Un bézoard ou entérolite est une masse, fossilisée ou non, présente dans le tractus gastro-intestinal des animaux. Ce spécimen a été récupéré sur un chamois des Pyrénées (Rupicapra rupicapra) et a été collecté par le botaniste Dr Henri Van Heurck (1838-1909). Un bézoard est causé par l’ingestion répétée et fréquente de matières indigestes ou difficiles à digérer, comme les poils. Cela entraîne des couches de dépôts gastriques qui se retournent autour de la substance indigeste. La présence d’un bézoard est souvent asymptomatique, sauf s’il provoque une obstruction. Dans le passé, l’on attribuait des propriétés médicinales aux bézoards.

Le bézoard semble presque mythique. C’est un objet absurde. C’est un objet de patience, presque comme une perle inversée. Le rapport avec les trois pots de l’artiste Athar Jaber est immédiat. Jaber est un sculpteur (ARIA, Académie royale d’Anvers) qui créé ses œuvres d’art en enlevant de la matière. Celles-ci sont à l’opposé du bézoard, qui se construit couche par couche dans un environnement acide. Pour ce travail, l’artiste gardait la trace des grains de marbre taillés. Il a mis ces petites pierres dans des pots. Par pot, Jaber verse un liquide sur les pierres : de l’huile, du miel et du vin rouge. Intrinsèquement, l’artiste voulait tester si les pierres allaient se colorer. L’environnement destructeur a affecté le marbre. Mais en attendant la décoloration, il a pris conscience que ces pierres sont devenues des objets de culte, lourds et encombrants. Ils changent intérieurement. Les liquides sont ceux décrits dans les saintes Écritures. L’acide du vin dissout lentement la chaux du marbre. Le miel se cristallise. L’huile s’épaissit.

www.atharjaber.com


Plaque murale ‘Tableau des nucléides’ (1970)
GUM (UGent)
Collection Histoire des sciences 

Tableau périodique des éléments 2020 (2018-2020)
Annelys de Vet
Impression A2 sur papier recyclé, europalette 

Un atome est la plus petite particule qui présente encore toutes les propriétés d’une substance. Un atome forme, en d’autres termes, l’élément constitutif unique de chaque élément chimique. Chaque atome individuel est composé de particules encore plus petites, telles que des protons, des neutrons et des électrons. Tous les atomes d’un élément donné ont le même nombre de protons, mais le nombre de neutrons dans le noyau atomique peut varier. Les atomes d’un élément donné ayant un nombre différent de neutrons sont appelés isotopes. Ceux-ci peuvent parfois être instables ou radioactifs. Ces isotopes se désintègrent en projetant des particules chargées et se transforment ainsi en éléments plus stables. Nous pouvons utiliser une carte des nucléides comme une variante plus étendue du système périodique. Dans celle-ci, chaque isotope a sa propre place, contrairement au tableau périodique. Cette carte murale de 1970 montre tous les nucléides connus à cette époque.

Annelys de Vet (ARIA, Sint Lucas Antwerp) est designer, chercheuse, artiste et chargée de cours. Elle étudie le rôle du design en relation avec le discours public et politique. Avec ‘Periodic Table of Elementaries 2020’, Annelys de Vet a conçu une interprétation contemporaine d’un tableau périodique basé sur des principes sociaux, artistiques et sociaux. Cette œuvre est en cours d’élaboration depuis 2018 et est mise à jour chaque année. Elle opte pour le même design que celui d’une carte périodique et flirte ainsi avec la charge émotionnelle de termes en soi neutres.

www.bureaudevet.be


Modèle réduit d’une ferme
KULeuven
Collection agriculture 

City in Reverse (2017)
Karen Vermeren
Acrylique sur plastique dans une boîte en plexiglas avec couvercle (A4). 

Ce modèle fait partie d’une collection historique de modèles agricoles. Il a été fabriqué par l’État allemand et offert à la KU Leuven. Dans la période allant de l’après-guerre aux années 1960, les professeurs Clement Van Himbeeck et Vic Goedseels ont donné le cours ‘Construction de fermes’, dans lequel l’histoire des fermes était notamment présentée. Cette maquette représente l’angle d’un bâtiment avec un toit en bâtière composé d’éléments en bois et en acier. La maquette montre la construction du toit en différentes phases. Le sommet de la structure contient un style royal qui repose sur la ferme. Il est soutenu à chaque extrémité par un corbeau. La maquette montre également les gouttières, la corniche et le haut des façades.

Dans ses recherches, l’artiste plasticienne Karen Vermeren (ARIA, Sint Lucas Antwerp) aborde les vues traditionnelles de la peinture de paysage. Son travail cherche de nouvelles représentations du paysage géologique dans des installations bidimensionnelles in situ. Vermeren remet en question l’approche du paysage naturel et souligne la dépendance à la structuration et, plus spécifiquement, au regard humain(e). Pour ses “paysages”, elle s’appuie sur le paysage géologique, surtout en raison de sa fascination pour la puissance de la tectonique des plaques. Dans la croûte terrestre, les plaques tectoniques ne se déplacent que de quelques centimètres par an. Elles poussent et tirent, créant des montagnes et des gorges. Karen transpose ce processus physique à la société, qui elle aussi pousse et tire, bouge et change. Ces changements constants sont souvent à peine visibles, mais on peut les ressentir clairement. Elle tente de saisir la douceur avec laquelle les changements physiques se produisent dans son environnement sous l’influence du temps.

www.karenvermeren.be